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Traitement antipaludique à Zanzibar : faut-il vraiment le prendre ?

  • 9 avr.
  • 7 min de lecture

Résumé : Oui, un traitement antipaludique est recommandé pour Zanzibar. Avec 282 millions de cas de paludisme dans le monde en 2024, la prophylaxie et la protection antimoustiques restent indispensables.

Vous avez bouclé vos billets, repéré votre hôtel de rêve, et là, en plein milieu de vos préparatifs, la question tombe : faut-il vraiment prendre un traitement antipaludique pour Zanzibar ? Sur les forums, les avis divergent. Certains voyageurs jurent n'avoir rien pris, d'autres racontent des expériences bien moins joyeuses.

Pourtant, les chiffres sont formels. Selon l'OMS, en 2024, 95 % des cas de paludisme et 95 % des décès liés à la maladie ont été enregistrés dans la Région africaine. L'archipel de Zanzibar, malgré son image paradisiaque, se situe bel et bien dans une zone de transmission active. Alors, autant s'y préparer correctement plutôt que de jouer à la roulette.

Le paludisme à Zanzibar : un risque réel, même au bord de la plage

Zanzibar évoque les plages turquoise, les épices et les couchers de soleil dorés. Mais l'île se trouve en zone d'endémie palustre. Le Plasmodium falciparum, la forme la plus dangereuse du parasite, y est prédominant. La transmission a lieu toute l'année, en dessous de 1 800 m d'altitude, ce qui inclut l'intégralité de l'archipel.

Et ne croyez pas que les zones hôtelières vous protègent totalement. Certes, les grands complexes procèdent à des démoustications régulières, ce qui réduit le risque sur le littoral. Mais ce risque ne tombe jamais à zéro, surtout si vous sortez explorer Stone Town, les villages de pêcheurs ou la forêt de Jozani.

Un fait récent illustre bien le danger. Selon HealthyTravel, une étude a documenté 8 voyageurs de courte durée ayant contracté le paludisme à Zanzibar, dont un décès. Aucun d'entre eux n'avait pris de traitement préventif. Ce n'est pas un épouvantail : c'est une réalité clinique.

Chimioprophylaxie : quels traitements pour les voyageurs français ?

En France, trois molécules principales sont prescrites pour la prophylaxie du paludisme lors d'un séjour à Zanzibar. Le choix dépend de votre profil médical, de la durée du voyage et de votre tolérance.

Molécule

Nom commercial courant

Posologie

Début

Durée après retour

Atovaquone/Proguanil

Malarone® ou générique

1 comprimé/jour au repas

Veille du départ

7 jours

Doxycycline

Doxypalu® ou générique

1 comprimé/jour

Veille du départ

28 jours

Méfloquine

Lariam®

1 comprimé/semaine

10 jours avant

3 semaines

L'atovaquone/proguanil (le fameux générique de la Malarone) reste la molécule la plus prescrite pour les séjours de courte et moyenne durée. Elle est généralement bien tolérée. Le coût est accessible : comptez environ 25 € pour un traitement de 21 jours en pharmacie, avec un remboursement partiel possible par votre mutuelle.

La doxycycline est une alternative économique, mais elle peut provoquer une photosensibilisation, un vrai souci quand on prévoit de se dorer au soleil sur les plages. Quant à la méfloquine, elle est déconseillée en cas de troubles psychologiques ou psychiatriques, et absolument contre-indiquée en altitude (pertinent si vous enchaînez avec le Kilimandjaro).

Point crucial : quel que soit l'antipaludique choisi, il ne peut être délivré que sur prescription médicale. Consultez votre médecin, idéalement 6 à 8 semaines avant le départ.

Pourquoi certains voyageurs hésitent (et pourquoi c'est risqué)

Sur les forums de voyage, on croise régulièrement des témoignages du type « je n'ai rien pris et tout s'est bien passé ». C'est un biais de survivant classique. Personne ne vient raconter son hospitalisation d'urgence sur un forum balnéaire.

Les arguments avancés par les sceptiques sont souvent les mêmes : effets secondaires désagréables, coût du traitement, impression que « les moustiques ne piquent pas dans les zones touristiques ». Certains se tournent même vers des tisanes ou gélules à base d'Artemisia, pensant trouver une alternative naturelle. Selon les recommandations sanitaires 2025 pour les voyageurs, ces produits de phytothérapie « n'ont pas fait la preuve de leur efficacité » et leur usage est déconseillé par l'OMS depuis 2012.

Les effets secondaires existent, c'est vrai. Nausées légères, troubles digestifs, parfois maux de tête. Mais ils sont en général bénins et gérables (une prise au repas du soir avec un laitage aide beaucoup). Comparez cela aux symptômes du paludisme : fièvre élevée, frissons violents, anémie sévère, et dans les cas graves, atteinte cérébrale. Le calcul est vite fait.

La protection antimoustiques : votre première ligne de défense

Le traitement antipaludique ne fait pas tout. La protection personnelle antivectorielle (PPAV) est tout aussi essentielle. Même sous chimioprophylaxie, vous devez réduire au maximum les piqûres de moustiques. L'anophèle, le moustique vecteur du paludisme, pique principalement entre le crépuscule et l'aube.

Voici les gestes indispensables :

  • Portez des vêtements longs et amples, de couleur claire, dès la tombée du jour (protégez particulièrement les chevilles)

  • Appliquez un répulsif cutané à base de DEET (30 à 50 %), d'IR3535 ou d'icaridine sur les zones exposées

  • Dormez sous une moustiquaire imprégnée (la plupart des hébergements à Zanzibar en fournissent)

  • Utilisez si nécessaire un insecticide d'ambiance dans la chambre avant le coucher

Ces mesures ne sont pas optionnelles. Elles forment un duo indissociable avec le traitement médicamenteux. Pour profiter pleinement de vos soirées, que ce soit lors d'un dîner les pieds dans le sable ou d'une balade nocturne à Stone Town, pensez répulsif d'abord.

Vaccins et autres précautions santé avant le départ

Le paludisme n'est pas la seule question santé à régler avant de partir. Voici un récapitulatif des vaccinations et mesures recommandées pour un séjour à Zanzibar :

Vaccinations systématiques : mettez à jour vos rappels DTP (diphtérie, tétanos, polio) et coqueluche. Pour les enfants, vérifiez le ROR (rougeole, oreillons, rubéole).

Vaccinations recommandées : l'hépatite A est fortement conseillée (1 injection 15 jours avant le départ). Selon la durée et les conditions de votre séjour, votre médecin pourra aussi proposer l'hépatite B, la typhoïde ou la rage.

Fièvre jaune : la situation reste ambiguë. En théorie, le certificat n'est pas exigé pour les voyageurs arrivant directement d'Europe. En pratique, il peut être demandé à l'aéroport, notamment si vous avez transité plus de 12 heures dans un pays à risque. Pour éviter tout souci administratif au moment de remplir vos formalités d'entrée à Zanzibar, mieux vaut être vacciné et avoir votre carnet jaune à jour.

Pensez aussi à constituer une trousse de pharmacie de voyage : paracétamol, antidiarrhéiques, solutés de réhydratation, antiseptique, pansements, crème solaire haute protection et bien sûr votre traitement antipaludique.

Sur place à Zanzibar : les bons réflexes santé au quotidien

Une fois arrivé sur l'île, quelques habitudes simples vous éviteront bien des désagréments :

  • Ne buvez que de l'eau en bouteille capsulée (évitez les glaçons d'origine douteuse)

  • Lavez-vous les mains régulièrement (un gel hydroalcoolique dans la poche fait des miracles)

  • Protégez-vous du soleil : chapeau, lunettes UV, crème solaire renouvelée toutes les 2 heures

  • Évitez de marcher pieds nus, même sur la plage

  • Désinfectez toute petite plaie, surtout après un contact avec l'eau de mer

Et surtout : en cas de fièvre pendant le séjour ou dans les 3 mois suivant votre retour, consultez immédiatement un médecin en précisant que vous revenez d'une zone impaludée. Le diagnostic précoce est la clé d'un traitement efficace.

Pour profiter de l'île sans stress, n'hésitez d'ailleurs pas à choisir sa plage à Zanzibar en fonction de vos envies : certaines côtes sont plus ventées, ce qui réduit naturellement la présence de moustiques en soirée.

Zanzibar avec des enfants ou pendant une grossesse

Voyager à Zanzibar en famille demande une préparation santé encore plus rigoureuse. Le Rapport 2025 de l'OMS sur le paludisme rappelle que les enfants de moins de 5 ans représentent les trois quarts des décès liés à cette maladie en Afrique. Ce n'est pas un détail.

Pour les enfants, la Malarone existe en dosage pédiatrique. La doxycycline est contre-indiquée avant 8 ans. Demandez un avis médical adapté au poids et à l'âge de votre enfant, avec un traitement et un dosage spécifiques. Prévoyez aussi un thermomètre dans vos bagages et des médicaments dosés enfant.

Pour les femmes enceintes, la consultation médicale est impérative. Certaines chimioprophylaxies sont contre-indiquées pendant la grossesse. Votre médecin évaluera le rapport bénéfice/risque et pourra adapter le traitement. Dans tous les cas, la protection antimoustiques doit être maximale.

Si vous envisagez un séjour familial, nous avons d'ailleurs un guide complet pour séjourner à Nungwi avec famille ou en lune de miel, avec des conseils pratiques sur les hébergements adaptés.

Notre conseil : profitez de Zanzibar l'esprit tranquille

Au final, la réponse est claire : oui, prendre un traitement antipaludique pour Zanzibar est fortement recommandé. Ce n'est pas de la paranoïa, c'est du bon sens. La chimioprophylaxie, combinée à une protection antimoustiques rigoureuse, vous permet de profiter de chaque instant sans arrière-pensée.

Zanzibar regorge d'expériences incroyables : plongée avec les dauphins, exploration de la forêt de Jozani, couchers de soleil à Nungwi, visites d'anciennes plantations d'épices. Ce serait dommage de gâcher tout ça pour avoir voulu économiser 25 € de traitement. Préparez votre santé comme vous préparez votre itinéraire, et l'île vous le rendra au centuple.

D'ailleurs, pour découvrir tout ce que l'archipel a à offrir avec un accompagnement francophone et personnalisé, jetez un œil à nos excursions privées à Zanzibar et partez l'esprit léger.

Questions fréquentes

Peut-on attraper le paludisme à Zanzibar même en restant dans un resort ?

Oui, même si le risque est moindre dans les zones hôtelières régulièrement traitées. Les moustiques peuvent être présents partout sur l'île, surtout entre le crépuscule et l'aube. La chimioprophylaxie reste recommandée, même pour un séjour exclusivement balnéaire.

Combien coûte un traitement antipaludique en France ?

Le générique de la Malarone (atovaquone/proguanil) coûte environ 25 € pour 21 jours de traitement. La doxycycline est encore moins chère. Ces médicaments nécessitent une ordonnance, et votre mutuelle peut prendre en charge une partie du coût.

Peut-on organiser des excursions à Zanzibar sans risque pour la santé ?

Absolument, à condition d'être bien préparé. Avec un traitement préventif adapté et une bonne protection antimoustiques, vous pouvez explorer l'île sereinement. Nos excursions privées avec guide francophone incluent des conseils pratiques pour chaque sortie, que ce soit en mer, en forêt ou en ville.

 
 
 

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